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Biographie et bibliographie de Herbert Marcuse

lundi 14 avril 2008

Bientôt le 40 ième anniversaire de Mai 68. Des sites se sont crées pour commémorer cette révolte des jeunes, agités par des idéaux de changement profond de l’ordre social et économique à l’échelle mondiale. L’article ci-dessous est
diffusé sur un site consacré à ce qu’on appelle l’école de Francfort dont l’un des membres les plus illustres est Herbert Marcuse connu notamment par son livre
"l ’homme unidimentionnel". Ce livre était l’un des plus
discutés à cette époque. On critiquait la société industrielle avancée, la "société de consommation", on parlait de " l’aliénation" , de la puissance des médias... Et pourtant si on compare la société d’aujourd’hui à celle des années 60, force est de constater que cette dernière était beaucoup plus humaine et plus respectueuse de l’individu qu’aujourd’hui alors que le système établi a axé sa lutte idéologique (entre autres) contre les idées de gauche en exaltant l’individualisme et la liberté individuelle.

Dans la section arabe, un article de Salma Bel Haj Mabrouk nous parle en détail de
"l’ homme unidimentionnel".

MTK


HERBERT MARCUSE, contestation et hédonisme

Herbert Marcuse est probablement le représentant le plus connu de "l’école de Francfort", son destin fut étroitement lié à la contestation étudiante des années soixante, non qu’il suscitât qu’une quelconque manière ces mouvements, mais du fait que un certain nombre de leader de la contestation, tel Rudi Dutschke se réclamèrent explicitement de sa pensée.

Il y a effectivement de nombreuses convergences entre la critique du capitalisme avancé de "l’Homme unidimensionnel" et les "thèmes de mai-68" (et du radicalisme étudiant aux USA) mais la pensée marcusienne s’enracine beaucoup loin. Si ses aspects radicaux et "freudo-marxistes" sont connus, peu reconnu est sa dette envers la phénoménologie husserlienne et heideggerienne. En effet toute sa démarche et son engagement est une tentative de réponse à l’engoissante question du voilement de l’être sous l’impact de l’encerclement technicien et de la prédominance positiviste dans la pensée. A cette aliénation ontologique il apporte une réponse une réponse profondément différente, quoique les racines soient communes, de celle d’Heidegger.

A l’historicité abstraite qui rendit Heidegger si vulnérable aux séductions du nazisme, il oppose , sous l’influence du du jeune Marx ,la conception d’un sujet en devenir dans une histoire concrète marqué par la domination et la violence d’une exploitation systématique de la nature et des hommes. Freud lui fournira les concepts nécessaires à une compréhension psychologique et ontologique des mécanismes de la domination et des conditions existentielles d’une libération des hommes. Une bibliographie des oeuvres de Marcuse , revue et complétée par N. Dumont à partir des éléments fournis par H. Marcuse complète l’édition française de "Culture et société". Elle constitue une des sources de la recension présente.
Les débuts de la vie publique de Marcuse sont politiques plus que philosophiques. Il s’engagea, pendant la première guerre mondiale, dans la social-démocratie allemande, mais la complicité de cette formation politique à l’assassinat de Rosa Luxembourg et de K. Liebnecht l’aliéna définitivement de ce parti, d’autant plus que Marcuse avait participé à un conseil de soldat pendant la révolution berlinoise de 1919. Il fit ses études de philosophie à Fribourg auprès de Husserl et de Heidegger. La bibliographie citée ci-dessus donne le titre d’une recherche bibliographique sur Schiller :"Schiller-Bibliographie unter Benutzung der Trämelschen Schiller-Bibliothek"(Berlin : Ed. S.M. Fraenkel,1925). Assoun cite une thèse sur le "Künstlerroman" (le roman d’artiste) sans en préciser l’éventuelle édition. "Hegels Ontologie und die Grundlegung einer Theorie der Geschichtlichkeit" - l’ontologie de Hegel et la théorie de l’historicité, éd. de Minuit - thèse présentée sous la direction de Heidegger témoigne des sources phénoménologiques de la pensée marcusienne.
C’est à cette période que Marcuse entre en contact avec l’Institute für Sozialforschung de Francfort. Son second ouvrage consacré à Hegel, publié à Oxford en 1941 (Reason and Revolution) marque son éloignement vis-à-vis d’Heidegger . (Un témoignage de Marcuse sur Heidegger est publié dans le Cahier de l’Herne - édition originale - consacré à Heidegger). ll participa, malgré ses dissensions politiques, à la revue de la social démocratie "Die Gesellschaft" ainsi que aux "Philosophische Hefte" édités par Maximilien Beck. Il participa ensuite à la "Zeitschrift für Sozialforschung" dont il assuma la direction, avec Adorno et Horkheimer, en 1933, à Paris.

Exilé à Genève, puis à Paris et à Oxford et enfin aux USA, où il rejoignit Horkheimer il apporta sa contribution aux Etudes sur l’autorité, en 1936. Son séjour aux U.S.A. entraine pour lui une distanciation par rapport à l’école de Francfort dans la mesure où il décide de prolonger son séjour à Columbia. De sa collaboration au Centre de Recherche sur la Russie de l’université de Harvard sortit l’ouvrage consacré au marxisme soviétique ("Soviet marxism : a critical analysis"), étude critique et lucide qui fut plus que fraîchement accueilli par les marxistes inféodés aux partis et aux états communistes. Eros et civilisation et l’homme unidimensionnel datent respectivement de 1955 et 1964. Il s’agit là d’une période où Marcuse intègre pleinement les données de la psychanalyse dans sa pensée sociale. Il critique Fromm qu’il accuse de participer à cette psychanalyse "révisionniste" dont la portée émancipatrice est oblitérée.

Devenu professeur à l’université de San Diego en Californie, il devient un des référents de la Nouvelle Gauche. Ses interventions et débats où il prend position pour une révolte radicale (le Grand Refus) ne doivent pas faire penser à une formulation explicite d’une politique concrète : il s’agit essentiellement d’un discours éthico-philosophique, que certains qualifient d’idéologique, étroitement associé à une revendication hédoniste et à des préoccupations esthétiques. De cette période datent aussi ses textes consacrés à la "nouvelle sensibilité" (voir "Contre-révolution et révolte" et "la dimension esthétique", critique virulente du réalisme socialiste) caractéristique des mouvements radicaux des années 60 témoignent d’une pensée esthétique proche de celle d’Adorno. En Europe il s’est manifesté lors des débats tenus à l’Université Libre de Berlin-Ouest en 1967 et lors du Colloque de l’Unesco en 1968 et aux XXIIe rencontres internationales de Genève en 1969. Il s’éteint en 1978.

bibliographie

  • Etudes sur Marcuse
  • AMBACHER M.

Marcuse et la critique de la civilisation américaine / M. Ambacher. -
Paris : Aubier-Montaigne, 1967. -135 p. ; 2O cm. - (Recherches économiques et sociales ; 11). -

Dans cette étude critique, l’auteur s’attache à montrer les ambiguités d’une pensée "écartelée entre des influences multiples " qu’il n’a pu maîtriser "qu’au prix d’un certain verbalisme". Selon Ambacher, H. Marcuse trahit une mécompréhension de la dialectique hégélienne trop rapidement assimilée à un matérialisme dialectique qui l’amène à dénoncer abusivement une négation de l’humain dans la civilisation américaine.

Ambacher confronte, en explicitant tant les rapprochements que les divergences, la pensée de Marcuse à la philosophie américaine. Ambacher voit ainsi ses positions critiques comme la résultante d’une interférence entre des exigences éthiques louables et la projection "mythique" sur la société américaine d’une aliénation existentielle qui lui est en fait personnelle du fait de sa situation d’émigrant.

  • MAC INTYRE A.C.

Marcuse / A. C. Mac Intyre. -
Paris : Seghers, 1970. - (Les maîtres modernes). - une introduction à la pensée de Marcuse

  • GOLDMANN LUCIEN

Marxisme et sciences humaines / Lucien Goldmann. -
Paris : Gallimard,1970. - 377 p. - (Idées ;228). - voir le chapitre:Réflexions sur la pensée de Herbert Marcuse pp.259-287, publié aussi in La Nef , Paris. N°36 janvier-mars 1969.

  • HAAR MICHEL

L’homme unidimensionnel : Marcuse : analyse critique / Michel Haar. -
Paris : Hatier, 1975. - 8O p. ; 18 cm. - (Profil d’une oeuvre. Sciences humaines).

Dans la tradition des "profils d’une oeuvre", il s’agit d’une introduction à l’oeuvre maîtresse de Marcuse.

  • MARABINI JEAN Marcuse et Mc Luhan : et la nouvelle révolution mondiale / Jean Marabini. ; préface de Arm

Il y a effectivement de nombreuses convergences entre la critique du capitalisme avancé de "l’Homme unidimensionnel" et les "thèmes de mai-68" (et du radicalisme étudiant aux USA) mais la pensée marcusienne s’enracine beaucoup loin. Si ses aspects radicaux et "freudo-marxistes" sont connus, peu reconnu est sa dette envers la phénoménologie husserlienne et heideggerienne. En effet toute sa démarche et son engagement est une tentative de réponse à l’engoissante question du voilement de l’être sous l’impact de l’encerclement technicien et de la prédominance positiviste dans la pensée. A cette aliénation ontologique il apporte une réponse une réponse profondément différente, quoique les racines soient communes, de celle d’Heidegger.

A l’historicité abstraite qui rendit Heidegger si vulnérable aux séductions du nazisme, il oppose , sous l’influence du du jeune Marx ,la conception d’un sujet en devenir dans une histoire concrète marqué par la domination et la violence d’une exploitation systématique de la nature et des hommes. Freud lui fournira les concepts nécessaires à une compréhension psychologique et ontologique des mécanismes de la domination et des conditions existentielles d’une libération des hommes. Une bibliographie des oeuvres de Marcuse , revue et complétée par N. Dumont à partir des éléments fournis par H. Marcuse complète l’édition française de "Culture et société". Elle constitue une des sources de la recension présente.
Les débuts de la vie publique de Marcuse sont politiques plus que philosophiques. Il s’engagea, pendant la première guerre mondiale, dans la social-démocratie allemande, mais la complicité de cette formation politique à l’assassinat de Rosa Luxembourg et de K. Liebnecht l’aliéna définitivement de ce parti, d’autant plus que Marcuse avait participé à un conseil de soldat pendant la révolution berlinoise de 1919. Il fit ses études de philosophie à Fribourg auprès de Husserl et de Heidegger. La bibliographie citée ci-dessus donne le titre d’une recherche bibliographique sur Schiller :"Schiller-Bibliographie unter Benutzung der Trämelschen Schiller-Bibliothek"(Berlin : Ed. S.M. Fraenkel,1925). Assoun cite une thèse sur le "Künstlerroman" (le roman d’artiste) sans en préciser l’éventuelle édition. "Hegels Ontologie und die Grundlegung einer Theorie der Geschichtlichkeit" - l’ontologie de Hegel et la théorie de l’historicité, éd. de Minuit - thèse présentée sous la direction de Heidegger témoigne des sources phénoménologiques de la pensée marcusienne.
C’est à cette période que Marcuse entre en contact avec l’Institute für Sozialforschung de Francfort. Son second ouvrage consacré à Hegel, publié à Oxford en 1941 (Reason and Revolution) marque son éloignement vis-à-vis d’Heidegger . (Un témoignage de Marcuse sur Heidegger est publié dans le Cahier de l’Herne - édition originale - consacré à Heidegger). ll participa, malgré ses dissensions politiques, à la revue de la social démocratie "Die Gesellschaft" ainsi que aux "Philosophische Hefte" édités par Maximilien Beck. Il participa ensuite à la "Zeitschrift für Sozialforschung" dont il assuma la direction, avec Adorno et Horkheimer, en 1933, à Paris.

Exilé à Genève, puis à Paris et à Oxford et enfin aux USA, où il rejoignit Horkheimer il apporta sa contribution aux Etudes sur l’autorité, en 1936. Son séjour aux U.S.A. entraine pour lui une distanciation par rapport à l’école de Francfort dans la mesure où il décide de prolonger son séjour à Columbia. De sa collaboration au Centre de Recherche sur la Russie de l’université de Harvard sortit l’ouvrage consacré au marxisme soviétique ("Soviet marxism : a critical analysis"), étude critique et lucide qui fut plus que fraîchement accueilli par les marxistes inféodés aux partis et aux états communistes. Eros et civilisation et l’homme unidimensionnel datent respectivement de 1955 et 1964. Il s’agit là d’une période où Marcuse intègre pleinement les données de la psychanalyse dans sa pensée sociale. Il critique Fromm qu’il accuse de participer à cette psychanalyse "révisionniste" dont la portée émancipatrice est oblitérée.

Devenu professeur à l’université de San Diego en Californie, il devient un des référents de la Nouvelle Gauche. Ses interventions et débats où il prend position pour une révolte radicale (le Grand Refus) ne doivent pas faire penser à une formulation explicite d’une politique concrète : il s’agit essentiellement d’un discours and Lanoux. -
Paris : Mame, 1973. - 133 p. - Bibliographie. - ISBN 2-25O-OO518-4 (broché)
Qu’est-ce qui peut bien rapprocher Marcuse et Mac Luhan ? Le souci d’apporter les premiers éléments d’une synthèse de l’homme "post-industriel" ? Une critique radicale de la société de consommation ? L’espoir de voir, dans les mouvements de jeunes, la contestation, la nouvelle marginalité culturelle, l’explosion des médias, l’automation de la production industrielle, les ferments d’une libération humaine ? Quoi qu’il en soit, en dépit des différences, l’auteur voit dans une réflexion commune sur l’encerclement techno- logique de l’humain des traces présentes, tant chez Marcuse que MacLuhan, de la pensée heideggerienne de la techne. Si Marabini constate l’enracinement des positions de Marcuse dans la philosophie allemande, il voit en Mac Luhan des éléments de dépassement ,que Marcuse ne définit pas, de l’unidimensionnalité de l’homme .

  • MASSET JEAN

La pensée de Herbert Marcuse / Pierre Masset.

Toulouse : Privat, 969. - 191 p. - (Regard). -

Pour Masset la remise en question, par Marcuse, de la société débouche sur le vide faute d’instrument dialectique adéquat et "d’exigence personnaliste" pour concevoir correctement le modèle de l’homme à promouvoir. Il ne reste des critiques marcusiennes que déception et pessimisme et la perspective ouverte par la dé-répression instinctuelle , à caractère hédoniste, conduit à un "rétrécissement" de l’homme. L’origine d’une telle errance doit être recherchée dans le matérialisme et le naturalisme , qui entachent les positions freudo-marxistes, réduisant l’homme à un ensemble de besoins biologiques. Constat d’une carence ontologique et d’une méconnaissance de la spécificité du spirituel, qui entrainerait Marcuse à une soumission à ce "principe du Nirvana" qui est évoquée dans Eros et Civilisation...une voie qui débouche sur le néant. On reconnaîtra dans ces critiques fondamentales, formulées avec modération et respect, les positions philosophiques propres de cet auteur chrétien. Elles ne constituent cependant que la seconde partie d’un ouvrage dont l’essentiel est consacré à une exposition systématique, objective et fouillée de la philosophie de H.Marcuse.

  • NICOLAS A.

Herbert Marcuse ; ou, la quête d’un univers transprométhéen / A. Nicolas.
Paris : Seghers, 197O. - (Philosophes de tous les temps ). - ISBN 2-218- O2844-

  • PALMIER JEAN-MICHEL

Présentation d’Herbert Marcuse / par Jean-Michel Palmier. - Paris : U.G.E., 1969. - 189 p. - (10/18 ; 42O). - Bibliographie. -

Marcuse et la nouvelle gauche / Jean-Michel Palmier. Paris : Belfond, 1973. - 629 p. ; 23 cm. - (Texte et critique ). - (broché). -

Jean-Michel Palmier a remarquablement bien présenté H.Marcuse dans ces deux ouvrages. Le premier, destiné à un plus large public, est un survol de l’oeuvre marcusienne mettant en évidence les diverses influences heideggerienne, hegelienne, marxiste et freudienne. Il remet Marcuse en situation historique et consacre les derniers chapitres de son ouvrage à l’influence de Marcuse sur la jeunesse. "Marcuse et la Nouvelle Gauche" poursuit le même objectif, mais de façon beaucoup plus approfondie. Cet ouvrage foisonne de notes et de détails factuels qui éclairent les divers aspects de la vie de Marcuse. Il n’évite pas les aspects purement philosophiques d’une oeuvre parfois difficile qu’il aborde dans une langue dénuée de tout jargon. Il est à noter que la pensée de Marcuse y est constamment mise en relation avec les démarches voisines, ou parfois divergentes de ses contemporains : E. Bloch, E. Fromm, Lukacs, W. Reich, H. Lefebvre... ainsi qu’avec les "socialistes utopiques" (Owen, Fourier etc...). Le rôle de la jeunesse dans la "destructuration idéologique" du capitalisme industriel est largement analysé. En cela, le livre doit être resitué dans son contexte historique.

  • PERROUX FRANCOIS

François Perroux interroge Herbert Marcuse...qui répond / François Perroux
Paris : Aubier-Montaigne, 1969. - 212 p. ; 18 cm. - (Tiers-Monde et développement). - Contient une lettre de H. Marcuse à F. Perroux,pp 199-207. - (broché)
Reprenant à son compte la dénonciation de l’économie marchande, F. Perroux confronte la critique marcusienne de la technique au processus de transformation sociale , plein emploi, société d’abondance, sécurisation de la vie, induite par le développement industriel qui pourrait favoriser le passage de la "société- fabrique" à une "société-émancipation" qui userait "de la même technique " . D’autre part , il tente de dégager la portée révolutionnaire d’ une oeuvre pourtant fort critique à l’égard des révolutions institutionnalisées et sclérosées des Etats socialistes.

Oeuvres traduites en français.

  • Actuels / Herbert Marcuse ; traduction de J.M. Menière. Paris :Galilée , 1976. -

Comprend :

— Echec de la nouvelle gauche,
— Marxisme et féminisme,
— Théorie et pratique.

  • Contre-révolution et révolte / Herbert Marcuse ; traduit de l’anglais par Didier Coste. - Paris : Le Seuil, 1973. -172 p. ; 21 cm. - (Combats). - Titre original : Counterrevolution and revolt, cop.1972. -

Il s’agit d’un des textes les plus politiques de H. Marcuse. Il y dénonce le caractère oppressif et destructeur du capitalisme industriel avancé dont la survivance repose sur la destruction systématique du cadre de vie des peuples non industrialisés et sur la violence institutionnelle et guerrière perpétrée à la périphérie du monde capitaliste. Ecrit au plus fort de la guerre du Vietnam et de la contestation étudiante, cet ouvrage dresse les linéaments conceptuels d’une révolte radicale qui doit apprendre à se réapproprier son propre langage critique, pour opposer dialectiquement une négation à ce qui nie l’humain. La "Nouvelle Gauche", qui s’enracine dans les milieux étudiants et intellectuels, témoigne d’une "sensibilité révolutionnaire" à forte composante humaniste, hédoniste et esthétique, en remettant en cause non seulement les rapports de production capitaliste mais aussi l’ensemble des relations que les hommes établissent avec la nature. Le rôle essentiellement critique de l’art est évoqué dans un long chapitre consacré aux rapports entre l’art et la révolution.

  • Critique de la tolérance pure / Herbert Marcuse, avec Barrington Moore,Jr et Robert Paul Wolff ; traduction de L. Roskopf et L. Weibel. - Paris : John Didier, 1969. - 143 p. ; 21 cm. - (forum). -

Contient :
— la tolérance répressive / H. Marcuse.

— La tolérance et la science /B.Moore,Jr. et, Au-delà de la tolérance / R. Paul Wolff.

Qu’est-ce que la tolérance ? Quelles sont ses limites ? Que doit-on, et que ne doit-on pas tolérer ? Autant de questions auxquelles ces trois essais tentent de répondre. Il s’agit de donner une définition nouvelle à ce concept que l’histoire a rendu suspect. La tolérance dont fait preuve la société occidentale est-elle autre chose qu’hypocrisie, manipulation sournoise des esprits, qui nous force à mettre sur le même pied le sublime et l’inacceptable et ne parvient -elle pas à désamorcer, par une intégration logique dans le système qui les tolère, les critiques les plus radicales ? La rencontre entre ces trois auteurs, de formation philosophique différente, qui conservent entièrement leur autonomie et reconnaissent leurs divergences, s’avère ici particulièrement stimulante.

  • Culture et société / Herbert Marcuse ; trad. de Gérard Billy,Daniel Bresson, et Jean-Baptiste Grasset. -

Paris:Ed.de Minuit,1970.- 391 p. ; 22 cm . - (Le sens commun / direct. P. Bourdieu). - titre original:Kultur und Gesellschaft.- Bibliographie chronologique des travaux d’Herbert Marcuse revue et complétée par N.Dumont. - Index.

Contient :

— Les fondements philosophiques du concept économique du travail. - 1933 .- Titre original:Ueber die philosophischen Grundlagen des wissenchaftlichen Arbeitsbegriffs. - Paru pour la première fois dans "Archiv für Sozialwissenschaft und Sozialpolitik",N°69, 3 .-traduit de l’allemand par G. Billy.
— La lutte contre le libéralisme dans la conception totalitaire de l’Etat.- 1934. - Titre original : Der Kampf gegen den Liberalismus in der totalitären Staatsauffassung. - Publié pour la première fois dans Zeitschrift für Sozialforschung III,2.
Réflexion sur le caractère "affirmatif" de la culture. - 1937 . - Titre original : Ueber den affirmativen Charakter der Kultur. - Publié pour la première fois dans Zeitschrift für Sozialforschung VI,1. . - trad. D. Besson.

— La philosophie et la théorie critique. - 1937. - Titre original : Philosophie und kritische Theorie. Publié pour la première fois dans Zeitschrift für Sozialforschung VI,3 . - traduction française par D. Besson.

— Contribution à la critique de l’hédonisme. - 1938 . - Publié pour la première fois dans Zeitschrift für Sozialforschung VII,1-2. - trad. D. Besson.

— L’existentialisme : à propos de "Etre et Néant" de Jean-Paul Sartre (1948). - Paru pour la première fois en anglais dans Philosophy and phenomenological research,1948 : en allemand dans Sinn und Form,N°I, 1950 . - trad. de l’allemand par G. Billy d’après Kultur und Gesellschaft 2, pp.49-84 ; texte augmenté du dernier paragraphe par l’auteur en vue de la publication sous forme de livre.
Le vieillissement de la psychanalyse . - 1963 .- conférence faite à New-York à la réunion annuelle de l’American Political Association sous le titre "Obsolescence of psychanalysis". - traduit de l’allemand par D. Bresson d’après Kultur und Gesellschaft (KuG) ,2 pp 85-106.

  • Industrialisation et capitalisme chez Max Weber . - 1964 . - conférence prononcée à Heidelberg aux Ve journées des sociologues allemands en 1964 sous le titre "Industrialiseirung und Kapitalismus im Werk Max Webers". - trad. de l’allemand par G. Billy d’après KuG, 2, pp 107-129.
  • L’éthique et la révolution. - 1964. - conférence faite à l’université de Kansas, USA, en 1964. - trad. de l’allemand par D. Bresson d’après KuG , 2, pp 130-146. Remarques à propos d’une définition de la culture. - 1965. - Extraits de Daedalus, Journal of the American Academy of Arts and Sciences, hiver 1965. - titre original : Remarks on a redefinition of culture. - traduit de l’allemand par D. Bresson d’après KuG, 2, pp147-171.
  • Liberté et théorie des pulsions . - 1968. - conférence dont le texte a paru sous le titre de "Trieblehre und Freiheit" in Psychoanalyse und Politik, Europäische Verlaganstalt, Francfort-sur-le-Main et Vienne,1968. voir aussi "Trieblehre und Freiheit" in Sociologica, 1er tome des Frankfurter Beiträge zur Sociologie, Francfort s/M,1955. p 47 et suiv. et Eros et civilisation, op. cit.

La notion de progrès à la lumière de la psychanalyse . - 1968 . - paru pour la première fois sous le titre "Die Idee des Fortschritts im Lichte der Psychoanalyse" in Psychoanalyse und Politik, Francfort s/M et Vienne, Eur. Verl.,1968, pp. 35-53. Trad. de l’allemand par J.-B. Grasset.

Ce recueil de textes est divisés en trois parties, qui correspondent à trois étapes de l’évolution de Marcuse. La première partie est consacrée aux années 3O. Nous y retrouvons la forte influence hégélienne et heideggerienne qui marquaient les contributions de Marcuse à l’Institute fur Sozialforschung de Francfort, mais aussi et surtout les bases de la théorie critique dirigée essentiellement contre les idéologies légitimatrices du national-socialisme. Dans les textes des années 48-65 , le capitalisme industriel est directement remis en cause, à travers les critiques de Weber et , à propos d’une définition de la culture, de Webster. Notons la critique de la psychanalyse - qui date de 1963 - qui annonce le freudo-marxisme des années soixante. La troisième partie s’attache précisément aux positions prises en 1968 dans un contexte social marqué par une revendication libertaire et hédoniste d’une société désaliénée. La bibliographie fort complète, comprenant de nombreuses recensions d’articles (anglais et allemands surtout) et l’ensemble des oeuvres de Marcuse.

  • Eros et civilisation : contribution à Freud / H. Marcuse ; trad. de l’anglais par Jean-Guy Nény et Boris Fraenkel revu par l’auteur. - Paris : Ed.de Minuit , Le Seuil,1971.- 252 p. ; 18 cm. - (Points ; 22). - Titre original : Eros and civilization : an philosophical inquiry into Freud, cop.1955. - cop.1963 pour l’édition française.

"Le but de cet essai est d’apporter une contribution à la philosophie de la psychanalyse, et non à la psychanalyse elle-même. " Ainsi commente Marcuse cet ouvrage qui entend définir les implications philosophiques et sociologiques de la pensée freudienne. Marcuse, se fondant sur "Malaise dans la civilisation" de Freud, explique les mécanismes d’intégration sociale qui amènent l’individu aliéné à accepter "librement" sa propre soumission. Pour lui, la civilisation est répressive en ce qu’elle refoule constamment le principe du plaisir, y substituant le principe de réalité. Freud avait décelé ce refoulement, mais Marcuse prolonge cette réflexion en lui donnant une portée beaucoup plus sociologique : la civilisation industrielle introduit un "principe du rendement" qui impose une "sur-répression", prise en charge par un pouvoir dépersonnalisé. La révolte devient impossible et toute résistance conduit à une culpabilisation qui débouche soit à un processus automutilatoire d’intériorisation des valeurs dominantes, soit à des attitudes régressives relevant de la pulsion de mort (principe du Nirvana). Seuls échappent à cette logique les arts, auxquels Marcuse rattache les figures d’Orphée et de Narcisse. Ces thèses ont été d’abord présentées dans une série de conférences à l’Ecole de Psychiatrie de Washington, en 1950-51.

  • La fin de l’utopie / Herbert Marcuse ; traduit de l’allemand par Liliane Roskopf et Luc Weibel. - Paris : Le Seuil, 1968. - 142 p. - (Combats / direct. de Claude Durand). - Titre original : Das Ende der Utopie. - Conférences et débats organisés par le Comité des Etudiants de l’université libre de Berlin- Ouest, 10-13 juillet 67, avec M. von Brentano,D. Claessens,Rudi Dutschke, P. Furth, P. Gäng. -

L’Utopie a toujours représenté l’espoir d’une vie autre. Quels sont les conditions historiques de sa réalisation ? La libération de l’individu, la désaliénation ontologique, passe par une révolution sociale et politique. On pouvait croire qu’en 1967, les conditions d’un changement social profond étaient mûres, en tout cas le mouvement critique qui ébranlait les universités semblait suffisamment puissant pour infléchir le cours de l’Histoire. On sait qu’il n’en fut rien puisque l’opulence des uns n’a pas diminué et que la misère des autres s’est accru avec la crise . D’où l’actualité de ce livre qui rend compte des débats menés entre Marcuse et des professeurs et étudiants berlinois engagés dans la "nouvelle gauche" au cours des "années choc".

  • L’homme unidimensionnel : essai sur l’idéologie de la société industrielle avancée / Herbert Marcuse ; trad. de l’anglais par Monique Wittig et l’auteur.- Paris:Ed.de Minuit,68. - 284 p . ; 22 cm. - (Arguments ; 34). - t.o. : One-dimensional man : studies in the ideology of advenced industrial society. -

L’oeuvre maîtresse de H.Marcuse, du moins son "best-seller". L’homogénisation des consciences sous la houlette de la logique technicienne et du productivisme marchand s’achève au point que l’homme a perdu toute potentialité de négation. En cause dans ce processus la philosophie positiviste, qui nous amène à accepter les faits tels qu’il sont et à oublier qu’entre le donné, que la philosophie analytique se contente de ratifier, et le réel existe une fissure qui trouve sa source dans l’appropriation violente de la nature. L’homme unidimensionnel décortique les mécanismes d’enfermement logique, les clôtures des discours, les pièges du langage, et revendique pour l’homme libre le droit à la négation, qui se fonde sur une philosophie de l’homme en devenir.

  • Le marxisme soviétique : essai d’analyse critique / H. Marcuse ; préf. de l’auteur ; trad. de l’anglais par Bernard Cazes. - Paris:Gallimard,1971. - 378 p. ; 17 cm. - (Idées ;35). - Titre original : Soviet marxism, cop.1963. -

Une analyse de la transformation du discours marxiste dans l’Union Soviétique de Lénine à Kroutchev, dans le contexte du XX congrès du PCUS et de l’éclatement du bloc socialiste.

L’ontologie de Hegel et la théorie de l’historicité / Herbert Marcuse ;traduit de l’allemand par G. Raulet et H.A. Baatsch ; préface de Mimika Cranaki .

Paris:Ed.de Minuit,1972.- 342p. ; 22 cm. - (Arguments).- T.O.:Hegels ontologie und die Grundlegung einer Theorie der Geschichtlichkeit, cop.1932. -
En 1932, Marcuse présente sous la direction de Martin Heidegger sa thèse de doctorat, à l’université de Fribourg. Cette thèse, il la consacre à Hegel dont il cherche à définir l’ontologie. Elle contient la première élaboration de ce qu’il développera plus tard dans "Raison et révolution", à savoir que le sujet hégélien est essentiellement un être-en-devenir, dont le destin est étroitement lié au devenir collectif des hommes , à l’Histoire.

  • Philosophie et révolution : trois études / Herbert Marcuse ; traduit de l’allemand par Cornélius Heim. -

Paris:Denoël-Gonthier,1971. - 158 p. ; 18 cm. - (Médiations ;6O). - Titre original :
Philosophy and Revolution. - Titre allemand:Philosophie und Revolution, Berlin-W. cop.1967. -

contient :

— Marxisme transcendantal ?. - Titre original : Transzendentaler Marxismus ?, publié dans Die Gesellschaft,193O.

Les manuscrits économico-philosophiques de Marx. - Titre orig.:Neue Quellen zur Grundlegung des historischen Materialismus, publié en 1932, Die Gesellschaft.
Sur la philosophie concrète. - Titre orig. : Ueber konkrete Philosophie, publié dans Archiv für Sozialwissenschaften und Sozialpolitik, 1929.

"Marxisme transcendantal ?" est une critique des positions néo-kantiennes du marxiste M. Adler, ce texte est néammoins utile pour comprendre les filiations entre certains concepts kantiens et la théorie critique, filiations que Assoun et Raulet dans "Marxisme et théorie critique" mettent en évidence. Les années 3O ont vu l’édition, en Allemagne, des manuscrits de 1844 de Marx. Marcuse en souligne ici toute l’ importance. "Sur la philosophie concrète" , écrit en 1929, tente de dégager à partir de Sein und Zeit la possibilité d’une philosophie concrète et sa nécessité dans la situation actuelle. "A partir de la connaissance de la vérité qui lui est accessible, la philosophie doit s’engager dans les besoins de l’existence contemporaine, les promouvoir selon leurs possibilités hhistoriques" et cela tout particulièrement dans les situations où "l’existence contemporaine est réellement ébranlée dans ses fondements", conclut Marcuse.

— Pour une théorie critique de la société / Herbert Marcuse ; traduit de l’allemand par Cornélius Heim. -

Paris : Denoël- Gonthier,1971. - 224 p. ; 18 cm. - (Médiations ;77). - Titre original : Ideen zu einer kritischen Theorie der Gesellschaft. cop.1969. -
Contient et références :

— Autorité et famille. - titre original : Studie über Autorität und Familie, publié pour la première fois dans Studien über Autorität und Familie. Forschungsberichte aus dem Institut für Sozialforschung, Librairie F.Alcan. Paris,1936.

— L’individu dans la Grande Société. - Titre original : The individual in the Great Society, a d’abord formé le chap.3 de "A Great Society",recueil de textes de différents auteurs édités par B. M. Gross, N-Y,1966.

Sur le concept de négation dans la dialectique. - Titre original:Zum Begriff der Negation in der Dialektik. - Texte lu au Congrès Hegel tenu à Prague en 1966, publié pour la première fois dans Filosoficki Casopis 3, Prague,1967.
L’édition allemande comprend en outre Neue Quellen zur Grundlegung des historichen Materialismus , publié en français dans "Philosophie et révolution"Ed.Denoël- Gonthier (Médiations ;6O),1969, sous le titre : les manuscrits économico-philosophiques de Marx.

  • Raison et révolution : Hegel et la naissance de la théorie sociale /Herbert Marcuse ; traduction de Robert Castel et de Pierre-Henri Gonthier ; présentation de Robert Castel. -

Paris:Ed. de Minuit, 1968.-480p. ; 22cm. - (Le sens commun / dir. P. Bourdieu).- Index.
Bibliographie. - Titre original : Reason and revolution.- cop.1954. - préface A note on dialectic , cop. 1960. -

Ecrit en 1939, ce texte est une riposte au nazisme. A travers un exposé systématique de la pensée de Hegel, particulièrement de sa "Logique" et de sa "Phénoménologie de l’Esprit", Marcuse montre la filiation entre Hegel et Marx dans la mesure ou le premier jette les bases de la dialectique négative, tandis que le jeune Marx, celui des manuscrits de 1844 l’utilise concrètement pour dénoncer l’aliénation du travail. Mais Marcuse ne s’arrête pas aux rapports entre Marx et Hegel , il parcourt l’ensemble des sciences sociales, pour suivre l’évolution de la dialectique, constate les liens entre le positivisme comtien et l’émergence du capitalisme, et voit dans le nazisme la négation de la tradition hégélienne.

  • Vers la libération : au-delà de l’homme unidimensionnel / H. Marcuse ; traduit de l’anglais par Jean-Baptiste Grasset.-

Paris:Denoël-Gonthier,1972.- 172 p. ; 18 cm. - (Médiations ;71). - Bibliographie. - titre original : An essay on liberation. -

Au-delà de l’homme unidimensionnel, comment aller vers sa libération ? A cette question fondamentale, qui entraine celui des moyens de la transformation sociale, Marcuse tente d’y répondre en affirmant tout d’abord les fondements biologiques , c’est à dire psycho-émotionnels, du socialisme et la nécessité d’une nouvelle sensibilité à dimension ludique, hédonique, esthétique en révolte contre la raison répressive et invoquant le pouvoir émancipateur de l’imagination. Il dresse enfin un tableau, plus sociologique, de la transition vers une société désaliénée en cherchant à définir la base sociale d’un mouvement radical d’opposition au capitalisme avancé.


Source :

Dialectique Ecole de Francfort

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