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L’écrivain Tchinghiz Aïtmatov est décédé

vendredi 13 juin 2008

Le Kirghizstan est en deuil.

L’écrivain kirghiz, Tchinghiz Aïtmatov est décédé mardi 10 juin. Il avait 79 ans. C’est un grand nom de la littérature soviétique qui rayonnait dans le monde entier qui s’est éteint. Cette année, sa candidature pour le prix Nobel avait était déposée.

L’écrivain a eu un malaise en Russie alors qu’il assistait au tournage de l’adaptation de l’un de ses romans les plus connus "Un jour plus long qu’un siècle". Il a été hospitalisé à Nuremberg (Allemagne). Il est resté pendant plusieurs semaines dans un état critique avant de succomber des « conséquences d’une forme grave d’inflammation pulmonaire » précisent les médecins.

C’était un grand homme de littérature mais aussi un homme impliqué dans la politique. Il a été ambassadeur de Russie devant l’UE et l’OTAN et ambassadeur et député de son pays, le Kirghizstan.

Parmi ses oeuvres, on peut citer Djamilia, traduction française préfacée par Louis Aragon, "Le premier maître", "Tuer, ne pas tuer" .

Tchinguiz Aïtmatov est un écrivain kirghiz né à Shéker (région Talas) le 10 décembre 1928 et mort à Nuremberg le 10 juin 2008.

Après des études à l’Institut agricole de Bichkek, capitale de l’actuel Kirghizstan, il se consacre à la traduction d’écrivains russes en kirghiz.

Auteur de nouvelles décrivant la vie simple et difficile dans la jeune république socialiste kirghize, il écrit d’abord en kirghiz, notamment Jamilia (1958) et Le Premier Maître, qui seront adaptés au cinéma dès les années 1960, notamment par Andrei Konchalovsky, alors jeune étudiant à l’institut du cinéma de l’URSS, pour une remarquable adaptation du Premier Maître (Pervyy uchitel).

Il choisit ensuite l’écriture en langue russe avec "Il fut un blanc navire " (1970) ou "La pomme rouge".

Dans les années 1980, il est l’un des écrivains les plus reconnus d’Union soviétique et s’exprime davantage à travers des romans comme "Une Journée plus longue qu’un siècle" dans lequel il aborde des thématiques politico-sociales difficiles telles que la répression et la réhabilitation des dissidents, le rapport entre modernité et tradition, la préservation de l’environnement.

Dans "Les Rêves de la louve" (le titre russe se traduit Le Billot), il évoque d’autres tabous de la société soviétique, comme le trafic de drogue, le sacrifice de soi pour le bien de l’humanité, l’existence de victimes expiatoires, le substrat religieux de la culture.

Ses livres sont traduits dans plusieurs langues, notamment en français par Louis Aragon.

Empreints d’une profonde méditation sur le sens de la vie, les ouvrages de Tchinguiz Aïtmatov mettent également en scène de manière magistrale l’Asie centrale de l’époque soviétique.

Après l’indépendance du Kirghizstan en 1991, Tchinguiz Aïtmatov devient un personnage dominant sur la scène politique. Jusqu’en 2008, il est ambassadeur à Bruxelles. Il décède cette même année à Nuremberg.

Post Scriptum :

La langue kirghize appartient à la famille türke des langues ouralo-altaïques. Elle est attestée à date ancienne dans des inscriptions épigraphiques dite ’runiques’ (IXe siècle). Elle connaît un tournant important au XXe siècle avec la littérisation opérée par des grammairiens soviétiques. Leur ingénierie linguistique ne parviendra cependant pas à affecter de façon déterminante la langue, qui reprend aujourd’hui vigueur.

Les Kirghiz sont également célébres pour leur riche orature et particulièrement l’épopée de Manas, fresque gigantesque (plus de 20 fois le volume de l’Iliade et l’Odyssée) qui constitue l’encyclopédie de la nation kirghize.

Sources : Cyberpresse, Russia Today , Wikipedia

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