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Ahmed Brahim au correspondant de Jeune Afrique :

Un des enjeux des élections de 2009, ce sont ces élections elles-mêmes !

samedi 27 décembre 2008

L’hebdomadaire Jeune Afrique a publié la semaine dernière un dossier sur les présidentielles de 2009 intitulé « Profession : candidats » (!).
Lors de la préparation de ce dossier - qui coïncidait avec la décision par le Conseil National d’Ettajdid du principe de la candidature du premier secrétaire de ce mouvement aux présidentielles - le correspondant de JA à Tunis, M. Abdelaziz Barrouhi, avait posé à Ahmed Brahim trois questions et n’a publié qu’un bref extrait des réponses. Comme la direction de l’hebdomadaire a pris, en outre, la liberté de porter indirectement sur le degré de crédibilité des et des autres un jugement de valeur arbitraire, nous publions ci-dessous l’intégralité des questions et des réponses données par Ahmed Brahim :


Questions* de Abdelaziz Barrouhi, Jeune Afrique, à Ahmed Brahim :

  • Pourquoi vous êtres-vous porté candidat à la présidentielle de 2009 et quel en est l’intérêt ? Pensez vous que l’alternance au pouvoir est désormais possible ?

Le choix d’être candidat dans la situation politique actuelle, marquée qu’elle est par un hégémonisme toujours dominant malgré le discours officiel sur le pluralisme, n’a rien de facile ; mais je l’assume entièrement, dans un esprit combatif qui refuse tout attentisme. Quant à l’alternance au pouvoir, il est clair qu’elle n’est pas à l’ordre du jour, ne serait-ce que parce que la réforme politique véritable qui la rendrait possible n’a pas eu lieu… Paradoxalement, parmi les enjeux des élections de l’automne 2009, il y a ces élections elles-mêmes ! Il s’agit de tout faire pour qu’elles ne soient pas une terne réédition des consultations précédentes qui tiennent plus du plébiscite que de la véritable compétition. Aujourd’hui, la principale priorité est de garantir à ces élections en les conditions minimales de transparence et de crédibilité. Le système électoral doit être radicalement modifié ; la monopolisation des médias et des espaces publics par un seul candidat et un seul parti doit cesser tout de suite. Je demande de pouvoir exercer dès aujourd’hui mon droit d’exposer mon projet et mon programme aux Tunisiens, qui pourront ainsi se prononcer en toute connaissance de cause.

  • Quel est votre positionnement politique dans cette élection ? Quels sont les objectifs de votre campagne ?

Le positionnement du mouvement Ettajdid est celui d’une opposition ferme et résolue à l’autoritarisme et aux orientations qui ont montré leur incapacité à répondre aux aspirations à la citoyenneté et de justice sociale et aux impératifs du développement intégral. Il est, en même temps, celui d’une force de proposition constamment ouverte au dialogue et soucieuse de présenter des solutions constructives. Je veux être aussi le porte- parole d’une large mouvance démocratique et moderniste attachée aux acquis progressistes de notre pays et déterminée à les approfondir et à les protéger contre les risques de régression et, au-delà, le porte- voix de tous ceux qui veulent être des citoyens libres, qui aspirent à une vie digne, et qui sont réduits au silence.

Notre principal objectif - avec nos partenaires de l’Initiative Nationale pour la Démocratie et le Progrès – est de faire en sorte que les revendications de démocratisation et de réforme politique et sociale soient prises en charge par les couches les plus larges de la population, que les Tunisiens sortent de leur résignation et de leur attitude de spectateurs pour être des citoyens acteurs de leur destin. Plus précisément, il s’agit de construire un pôle démocratique, moderniste et progressiste enraciné dans le paysage politique et capable d’influer sur le cours des choses. La carte politique est aujourd’hui, du fait de l’absence d’élections démocratiques, tout à fait illisible et il est temps de respecter enfin la vérité du vote qui, seule, pourrait donner une idée crédible du rapport des forces !

  • Quelle différence avec la campagne de 2004 et quelles leçons aviez vous tiré de cette dernière ?

Pour le moment, il n’est malheureusement pas possible de parler de « campagne », car la seule campagne à laquelle on assiste depuis plus d’un an est celle du pouvoir seul, et elle se fait avec la mentalité du parti unique. Quant aux leçons des expériences du passé, tout le monde devrait les tirer, à commencer par le pouvoir lui-même, car l’intérêt du pays impose de sortir du cycle des élections – plébiscites ! En ce qui nous concerne, nous avons tiré les leçons de notre participation aux présidentielles de 2004, aussi bien de ses insuffisances que de ses points forts, dont le moindre n’est pas d’avoir démontré que la lutte politique est possible et payante, pour peu qu’elle se fasse dans une perspective unitaire. Cette unité, nous nous sommes employés à la renforcer et nous continuons à travailler pour l’élargir toujours davantage, car le tournant démocratique pour lequel nous nous battons est une nécessité nationale qui est dans l’intérêt de l’immense majorité du peuple.

  • Quel poids représentez-vous ? Pensez-vous que l’ensemble de la gauche soutiendra votre candidature ? Où en sont vos discussions avec le FDTL ? La « candidature » de Chebbi ne risque-t-elle pas de vous gêner ?

La question du poids des forces politiques en présence quelles qu’elles soient ne peut, à l’évidence, recevoir de réponse sérieuse en l’absence d’élections dignes de ce nom. C’est pourquoi je demande que soient assurées les conditions minimales pour une compétition électorale, avec le minimum d’égalité des chances entre candidats et le minimum de garanties d’objectivité et de transparence pour le scrutin ! Que les médias nationaux cessent de nous ignorer, que les multiples restrictions imposées à notre activité politique normale soient levées, et je pourrai alors commencer à vous donner une idée plus précise de l’influence de nos idées et de nos propositions. Aujourd’hui une partie importante de la gauche démocratique soutient ma candidature. Les discussions que nous avons eues avec le FDTL sont assez encourageantes, et je pense que les idées que nous défendons sont partagées par de larges secteurs de l’opinion qui vont bien au-delà des forces de gauche. C’est la raison pour laquelle nous comptons multiplier les démarches auprès de tous les partisans de la liberté, de la modernité et du progrès où qu’ils se trouvent. Etant donné que l’enjeu principal est plus le rassemblement autour d’un programme commun de réforme politique et sociale que la réalisation d’objectifs étroitement partisans, je pense que j’ai tout lieu d’être optimiste. En tout cas, je ne me sens « gêné » par la candidature de personne, et notre position quant aux droits de tous les partis et de toutes les personnalités à se porter candidats sans exclusive ni ostracisme est bien connue…

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