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mardi 13 octobre 2009

Tunisie : saisie du manifeste électoral du principal opposant
TUNIS (AFP) - 12.10.2009 18:30

Source TV5MONDE

Le journal "Ettarik Al-Jadid" (la nouvelle voie), organe du parti d’opposition Ettajdid qui présente un candidat à la présidentielle du 25 octobre en Tunisie, a été saisi pour "violation du Code électoral", a indiqué dimanche sa direction.


Rédaction du journal Ettarik Al-Jadid (la nouvelle voie), organe du parti d opposition Ettajdid, le 1er avril 2009 à Tunis.Rédaction du journal "Ettarik Al-Jadid" (la nouvelle voie), organe du parti d’opposition Ettajdid, le 1er avril 2009 à Tunis.


Le journal "Ettarik Al-Jadid" (la nouvelle voie), organe du parti d’opposition Ettajdid qui présente un candidat à la présidentielle du 25 octobre en Tunisie, a été saisi pour "violation du Code électoral", a indiqué dimanche sa direction.
AFP/Archives - Fethi Belaid

Le parti d’opposition Ettajdid (Renouveau, légal) a annoncé lundi la censure du manifeste électoral d’Ahmed Brahim, son secrétaire général et candidat à la présidentielle du 25 octobre en Tunisie.

"Le ministère de l’Intérieur a saisi le manifeste électoral et exigé la suppression d’une partie de son contenu jugée contraire à la loi électorale", a indiqué à l’AFP Samir Ettaieb, membre du bureau politique.

Selon lui, les passages incriminés comportent des analyses politiques et socio-économiques, où le candidat appelle à "rompre avec l’autoritarisme, la répartition inégale des richesses, le népotisme..." et dénonce "l’hégémonisme du parti au pouvoir".

Cette terminologie est inhabituelle dans le discours de l’opposition légale.

L’affiche électorale de M. Brahim a également été saisie sous prétexte qu’elle le présente comme candidat d’"Ettajdid/Initiative démocratique", a ajouté M. Ettaieb.

Ahmed Brahim, 68 ans, s’est présenté sous la bannière de "l’Initiative démocratique", qui regroupe autour de son parti des personnalités indépendantes et un petit groupe de gauche non reconnu par les autorités.

La censure de son matériel électoral intervenait au lendemain du démarrage de la campagne lancée par le président sortant Zine El Abidine Ben Ali, candidat à sa propre succession pour un cinquième quinquennat.

Le candidat d’Ettajdid a reporté pour la deuxième fois, lundi, le début de sa campagne après avoir annulé dimanche une manifestation de rue à Tunis, à la suite de la saisie de l’organe de son parti.

"Ettarik Al-Jadid" (la nouvelle voie) qui diffusait le manifeste électoral a été censuré pour "violation du code électoral", selon sa direction, les autorités ayant confirmé la saisie pour infractions à la loi électorale et au code de la presse.

Ettajdid a dénoncé "un acte arbitraire destiné à faire pression".

Le candidat d’Ettajdid (ex-communiste, 3 sièges) est le plus radical des trois opposants postulant face au président Ben Ali, les deux autres étant considérés comme proches du pouvoir.

Il se pose en "porte-voix de l’opposition sérieuse" et a reçu l’appui de personnalités politiques, dont Mustapha Ben Jaafar, chef Forum démocratique pour le Travail et les libertés (FDTL, légal) dont la candidature à la présidentielle a été invalidée.

M. Brahim a répété qu’il entendait concourir "d’égal à égal" avec le président sortant, alors que M. Ben Ali est assuré de remporter le scrutin présidentiel qui aura lieu en même temps que les législatives.

© 2009 AFP


  • 2chos de la campagne électorale à Paris

Les vigiles sont nerveux devant l’entrée de Sciences Po, dans le VIIe arrondissement de Paris. « C’est la troisième fois que cette voiture passe ! ». Il est entendu que les renseignements tunisiens ne peuvent avoir omis de s’intéresser à un tel événement, en
voila quelques elements, la réunion de sciences-Po a été filmée en partie mais ce n’est pas encore monté.

(je viens d’apprendre que normalement ben brahim passera ce soir a 20H30 a la tele tunisienne. j’espere que ce n’est pas une blague !)

C’est en effet toute l’opposition qui se rassemble dans le grand établissement français d’enseignement supérieur, à l’occasion d’une conférence organisée par l’association étudiante Sciences Po Monde arabe.

Mais l’événement s’annonce véritablement exceptionnel, puisque le pouvoir du Président Ben Ali, en place depuis 1987, a accepté d’envoyer des représentants débattre avec l’opposition. A la veille du lancement des 13 jours de campagne, avant les élections présidentielles et législatives, le 25 octobre, on ne pouvait trouver meilleur symbole.

Naissance d’un espace public

« Il ne s’agit pas d’un meeting de l’opposition, chacun sera traité de la même façon », prend bien le soin de préciser Sélim Ben Hassen, qui tient la tribune avec Aïda Doggui. C’est en fait un véritable embryon d’espace public qui émerge, dans l’amphithéâtre où 350 personnes se sont réunies.

Le pouvoir a accepté à reculons de venir se confronter à l’opposition. Les premières interventions sont donc empreintes de légèreté et de mépris. Ainsi, un conseiller de Ben Ali, Mezri Haddad [1], invité à évoquer « les acquis de l’ère Ben Ali », annonce ne pas avoir préparé son intervention et préfère disserter de choses et d’autres. « Je suis proche de la nature, proche des animaux, proche de la culture, mais pas proche du régime », déclare-t-il, en assumant malgré l’intelligence qu’on lui prête de passer pour ridicule

La salle comporte nombre de défenseurs de Ben Ali. « Je suis venu de ma propre initiative et je n’ai pas été payé ! », se défend l’un d’eux. Leur rôle est de soutenir les représentants de la présidence face à une salle hostile. Mais ils servent aussi à attaquer frontalement et sans nuances les membres de l’opposition. Un militant interpelle par exemple un représentant d’Ettajdid, l’accusant d’avoir pour modèle Cuba et la Corée du Nord. L’intervenant déclare en réponse n’être lui-même pas communiste et rappelle avoir justement critiqué Cuba quelques minutes plus tôt.

Les pro-Ben Ali s’insurgent à plusieurs reprises d’un manque de démocratie dans les débats, et évacuent même la salle avec fracas… pour mieux revenir une fois leur pause-déjeuner achevée. Et c’est vers la fin de la journée qu’un semblant de débat s’enclenche enfin, quand un avocat partisan du Président demande à intervenir pour répondre de manière structurée aux critiques de Souhayr Belhassen, présidente de la Fédération internationale des droits de l’Homme (FIDH), sur le musellement de l’opposition en Tunisie.

Ont donc été en partie dépassées, l’espace d’une journée, les critiques que se renvoient opposition et pouvoir de refuser chacun tout dialogue dans un manichéisme contre-productif. Mais les choses paraissent bien éphémères, puisque le soir même les exemplaires du journal d’Ettajdid ont été saisis, officiellement pour une violation du code électoral. Et l’on se doute que, comme à chaque élection présidentielle en Tunisie, le Président Ben Ali sera réélu avec plus de 90% des suffrages. Les opérations électorales restent contrôlées par le parti-Etat, comme la FIDH le dénonce.

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